JEAN LANCRI
PREMIERS PAS DANS L’ART BRUT DU MEURTRE
DRAWINGS
Opening on Saturday, 17th of September 2011 from 18h00 until 21h00
Exhibition from 17th of September until 15th of October 2011
L’exposition des œuvres récentes de Jean Lancri est la troisième de cet artiste à la Galerie Popy Arvani. Comme les précédentes (en 2006 et 2008), elle s’inscrit dans ce que Lancri nomme Le Cycle de Cheval à vélo. Rappelons que l’artiste est entré dans la fabrique de ce Cycle le jour où il s’est avisé que V.E.L.O. n’était autre que l’anagramme de L.O.V.E. Selon lui, le mot français VELO serait hanté par le fantôme de l’anglais LOVE. Jean Lancri a alors entrepris d’organiser le retour de ce «·revenant-là·», en ressuscitant pour l’occasion· Ferdinand Cheval, facteur de son état et fameux bâtisseur du Palais idéal. De quelle manière·? En installant ce Cheval sur une bécane. Car voici la question que Lancri se plaît à poser pour la mettre en éclat(s) dans ses tableaux·: lorsque, juché sur son VELO, Cheval fait sa tournée, n’est-ce pas LOVE (autrement dit, EROS) qui propulse sa bécane, menant à son insu ce Facteur par le bout des naseaux·?
Concernant ces enjeux ainsi que ceux de l’exposition à venir, voici un extrait de ce qu’en disait récemment Jean Lancri·:
«·Si Ferdinand Cheval, facteur de son métier et, par ailleurs, fantasque créateur du Palais idéal, a bel et bien existé, le premier mérite de Cheval-à-vélo, de ce «·Facteur-rien-qu’à-moi·», de mon «·dada·» personnel, c’est qu’il n’existe pas. A partir de cette non-existence-là, j’ai cru pouvoir postuler l’efficacité d’un dispositif qui, d’un coup de pédale et d’un tour de passe-passe langagier, proposerait, aux spectateurs ébaubis d’une série d’œuvres picturales miennes, de transformer VELO en LOVE. Et c’est ainsi que, de 1992 à nos jours, j’ai promené le Cycle de Cheval à vélo dans pas moins de onze pays. Tout un ensemble de tableaux où j’ai cru pouvoir édifier, à peu de frais, le mécanisme susceptible de remettre feu le Facteur de jadis en selle·: en le déportant sur une scène·; celle, modulable et façonnable à souhait, de la Fiction. Ce que la perspective fut aux peintres du Quattrocento, la mise en perspective fictionnelle du Facteur Cheval l’aura donc été pour moi.
Dans le droit fil d’un tel dispositif fictionnel, que dire des effets produits par les rouages d’une machinerie aussi rouée pour peu que s’y égrènent les pulsions, que s’y engrènent les passions·? Qu’en est-il, en l’occurrence, de ces Premiers pas dans l’art brut du meurtre que, non sans un brin de provocation, annonce le titre de mon exposition prochaine, à Paris, dans la Galerie Popy Arvani ? Disons-le·: mis en «·tableaux·», mes petits meurtres entre amis et amants n’ont rien d’obscène·; car ils n’ont d’autre visée que de mettre en scène, en tant que «·scène primitive·» de toute fiction, des fictions amoureuses à tout le moins, le crimen amoris. A l’image d’un serial killer, du tueur en série d’un film ou d’un roman de série «·noire·», mon pédaleur de facteur ne cherche qu’à mettre en série picturale l’impossible nœud du fantasme qui lie Eros et Thanatos.·»
Jean Lancri
Avril 2011


